‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 9 sur 214 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Eh bien ! à votre doux conseil je m'abandonne.

Alors qu'on est si belle on doit être si bonne !

Voulez-vous essayer, madame, s'il vous plaît,

De garder près de vous le petit roitelet

Et de le transformer en oiseau de volière?

Tenez : je quitterais ma vie irrégulière

Et je vivrais ici, n'ayant d'autre dessein

Que de passer le jour assis sur un coussin,

A vos pieds, vous faisant trouver les heures brèves

Et berçant de chansons fugitives vos rêves.

SILVIA

Vous êtes un enfant !

A part.

Oh! pourquoi cet émoi Et pourquoi cette peur? L'avoir là, près de moi, Toujours! l'environner de soins et de tendresse! L'entendre me donner le nom de sa maîtresse ! Voir se réaliser le plus cher de mes vœux !...

ZANETTO

Vous m'avez entendu. Voulez-vous?

SILVIA, à part.

Si je veux ?

Oh ! jamais ! Et pourtant c'est lui qui le demande.

ZANETTO

Madame,' je sais bien que la faveur est grande. Mais... voulez-vous?

SI L VIA, ;ï part.

Demain, il saurait qui je suis.

ZANETTO

Une dernière fois, voulez-vous?

SILVIA

Je ne puis.

ZANETTO

Vous ne pouvez ! Pourquoi?

SILVIA

Je ne suis pas la femme Que vous croyez. Il faut être une grande dame Pour traiter dignement chez soi, comme les siens, Les poètes errants et les musiciens.

Je suis pauvre et n'ai point un si grand équipage.

ZANETTO

Quoi! pas un écuyer?

SILVIA

Non.

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