‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 8 sur 214 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Ah ! vous ne savez pas. C'est une douce chose De s'arrêter ainsi qu'un papillon se pose, D'aller, de revenir, si l'on veut, sur ses pas, Et puis de repartir ensuite.

SILVIA

Ce n'est pas Lu bonheur. Ainsi donc, vous venez à Florence, Mais vous n'êtes guidé par aucune espérance; Vous venez, le hasard vous tenant par la main, Parce que vous avez trouvé doux le chemin, Ou ({lie dans l'air du soir, à votre loi fidèle, Vous suivîtes de loin le vol d'une hirondelle, Ou que la brise hier de ce côté souffla?

ZANETTO

A peu près.

SILVIA

Ce n'est donc pas tout à fait cela.

Auriez-vous un projet?

ZANETTO

Si vague !

SILVIA

Mais encore?

ZAN'ETTO.

Ce que demain pour moi doit être, je l'ignore.

Si je puis vous aider?

ZA.NETTO

Il n'en est pas besoin.

Et peut-être, après tout, n'irai-je pas plus loin. Écoutez. Il me vient en tête une chimère. Les êtres comme moi n'ont ni père ni mère. Suis-je le fils d'un rustre ou le fils d'un marquis? Je ne sais. Mais, bien sûr, le jour où je naquis Dut être un beau matin de la saison nouvelle ; Car le joyeux rayon qui loge en ma cervelle M'empêche de songer que je suis orphelin. Jusqu'ici j'ai couru comme un jeune poulain, Libre, sans désirer d'existence meilleure. Mais, je dois l'avouer, madame, tout à l'heure, Tandis que vous parliez avec tant de douceur, Tout à coup j'ai rêvé vaguement d'une sœur ; Et lorsque vous m'avez fait comprendre l'asile Où l'intime bonheur loin des regards s'exile, La petite maison que voilent les lilas, Pour la première fois je me suis senti las.

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