‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 96 sur 214 · PROLOGUE, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE VI

On a tué beaucoup, beaucoup de gens de guerre. . . Tant mieux ! car ils m'ont fait assez de mal naguère.

Kilo tombe dans une profonde rêverie, puis chante à demivoix, sur un rythme monotone :

J'ai cherché dans la lande verte I.a (leur qui fait aimer toujours.

Comme la maison est déserte!

Où sont donc allés mes amours?

LA l'-OMTESSE.

Qu'elle est triste, ce soir !... Parmi les gens d'ici, Hugues, ne dit-on pas qu'elle est voyante?

me. ces.

Si.

Et parce qu'elle va cueillir dans les clairières Des simples, en disant de bizarres prières, Qu'elle guérit la lèpre et le mal des ardents, On la croit fée.

LA COMTESSE, à Urgande qui regarde le l'eu.

Eh bien ! que vois-tu là dedans, Urgande? Que lis-tu dans Pâtre qui flamboie?

URGANDE, lentement.

.l'y vois beaucoup de peine, après beaucoup de joie.. Je vois un chêne... un chêne avec cinq rameaux verts

LA COMTESSE, inquiète.

Les armes de Mauny !

L'RGANDE.

Déjà trois cents hivers Ont fait croître sa tête et durcir son écorce. C'est un arbre géant, plein de sève et de force. Il est farouche et noir; mais l'oiseau le bénit, Car il peut, en avril, y suspendre son nid.

LA COMTESSE, à elle-même.

Cinq rameaux ? J'ai cinq fils ! et, grande et vénérée, La maison de Mauny protège la contrée ! Est-ce une prophétie?

DRGANDE.

Ah ! là-bas, dans les airs, Un nuage effrayant roule, chargé d'éclairs... La foudre gronde, éclate et frappe !... C'est la tête Qui tombe.

LA COMTESSE

Mon époux ! Ah ! grand Dieu !

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