‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 110 sur 251 · SCÈNE III Les Mêmes, DONNA PIA · texte numérisé non relu

SCÈNE III Les Mêmes, DONNA PIA

GIAiN-BATTISTA, voyant entrer donna Pia.

Voici ta mère, enfant, mon héroïque épouse. Tu lui dois ton secret, elle serait jalouse ; Et pour le grand péril où tu vas t'exposer, Ma bénédiction ne vaut pas son baiser.

DONNA PIA

Un péril?... Pour mon fils?. .. Et lequel, je vous prie?

GIAN-BATTISTA

Cet enfant va venger son père et sa patrie...

DONNA PIA

Comment?

GIAN-BATTISTA

En attaquant Barnabo Spinola...

SEVERO

En frappant le tyran !

DONNA PIA, avec un grand cri.

Ah!... jamais!... Pas cela!...

Elle défaille sur un siè^e.

Non, pas cela... C'est trop !...

GIAN-BATTISTA

Pia, quelle faiblesse!

Songe qu'elle m'attriste autant qu'elle me blesse. . . Tu souffres... mais le cri que ta bouche a poussé Dément en un instant tout ton noble passé. Oui, pleure, c'est ton droit; mais en ton cœur ramène Cet amour du devoir, cette vertu romaine Dont jadis je tâchai de t'imprimer le sceau, En te lisant Plutarque auprès de son berceau. Quoi ! tout à l'heure encor, simplement, sans murmures, Aux pauvres exilés tu donnais tes parures. 0 matrone, il faut faire encor plus que tu fis ! Pise exige de toi la plus belle : ton fils !

SEVERO

Oui, mon père a raison. Par pitié, soyez forte, Espérez et priez, mère, pour que je sorte De ce grave danger heureux et triomphant. Priez, ma mère ! et Dieu vous rendra votre enfant... D'ailleurs, à mon projet vous serez convertie, Lorsque vous saurez tout... J'ai juré sur l'hostie!

Donna Pia tressaille douloureusement; Severo l'enveloppe de ses deux bras.

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