‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 112 sur 251 · SCÊJNE IV SEVERO, DONNA PIA · texte numérisé non relu

SCÊJNE IV SEVERO, DONNA PIA

DONNA PIA

Tu m'aimes bien, dis-moi?

SEVERO

Ma bonne mère !

DONU \ PIA.

Écouto Spinola — son nom seul me t'ait frissonner toute

Est un monstre, un Satan sanguinaire et cruel ;

Je le hais ! aussi vrai que Jésus est au ciel ;

Sa vie et son triomphe offensent la nature ;

Il mérite la mort et la pire torture ;

Pourtant il vaudrait mieux pour toi — m'entends-tu bien?-

Ne pas croire à la messe et vivre comme un chien ;

Il vaudrait mieux pour toi, mon fils, cent fois mieux être

Un voleur, un parjure, un scélérat, un traître,

Un chrétien renégat et violant ses vœux,

Que de faire tomber un seul de ses cheveux !

SEVERO

Ah ! vous m'épouvantez, mère!

DONNA PI A

L'heure est venue Où l'horrible action doit être enfin connue... Ah ! pour nous épargner ce supplice hideux, Murailles, croulez donc, écrasez-nous tous deux !...

SEVERO

Ma mère, apaisez-vous... ma mère, je vous aime... Vous m'avez entendu, j'ai juré sur Dieu même ! Gomment un tel serment peut-il être aboli?

DONNA PIA

Parce que tu n'es pas le fils de Torelli...

Severo recule, suffoqué.

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