ACTE III, SCÈNE III
Barnabo furieux, comme c'était certain,
D'un outrage public au lion florentin,
Vient de faire arrêter dix otages en ville.
Le despote, écumant et tout jaune de bile,
Devant les Marzocchi les traîne sur ses pas;
Et si le factieux ne se dénonce pas
Qui traça ces trois mots aux socles des statues,
Les dix têtes seront dès demain abattues.
Demain, tu m'entends bien, à l'heure où l'aube luit.
Les malheureux n'ont plus à vivre qu'une nuit.
SEVERO
L'homme se livrera.
ERCOLE
Bah! celui qui se cache Pour insulter, est très probablement un lâche.
La nuit tombe.
SEVERO
Dix otages!
RENZO
La fleur des meilleurs citoyens!
LIPl'O.
Égorgeons Barnabo ce soir!
RENZO
Par quels moyens?
Ce soir, il s'est armé, sa garde le protège... Vous l'allez voir venir avec tout son cortège.
Gomment! Il va venir?
ERCOLE
Oui, devant ce lion...
On n'a pas fait encor la proclamation.
SEVERO
Il va venir ! . . . ici ! Je vais voir son visage !
RENZO
Gerte, et n'évite pas cette fois son passage. A sa vue, à présent, il faut t'habituer, Et tu dois le connaître avant de le tuer.
SEVERO, à part.
Lui! lui! Je vais le voir!
SCÈiNE IV
Les Mêmes, BARNABO SPINOLA, Le BARIGEL, Soldats, prisonniers, gens
du PEUPLE.
La foule entre en tumulte, précédant le cortège formé par les otages et les hallebardiers qui les gardent.
LE BARIGEL
G à, qu'on fasse silence,