‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 164 sur 251 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

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Eh quoi!... Le noble Angus désespère et défaille! Cher grand-père, aujourd'hui, c'est veille de bataille. Repoussez, il le faut, cet accès de langueur!... Ou plutôt, non... Mettez votre front sur mon cœur ; Mes baisers chasseront cette tristesse amère. Si vous faites l'enfant, je ferai la grand-mère, Et je vous bercerai comme un petit garçon, Très doucement, avec cette belle chanson Que vous m'avez cent fois et mille fois redite, Pour m'endormir, lorsque j'étais toute petite Et que, calmant mes pleurs par ce refrain guerrier, Vous berciez votre enfant dans un vieux bouclier.

Depuis que sa gloire est tombée Et que se sont tus les pibrocks, L'Ecosse a caché son épée En pleine lande, entre deux rocs; Et sous la bruyère vermeille, Où passe, en rêvant, le berger, La claymorc est là qui sommeille Et médite de se venger.

Claymorc dont on nous dépouille Et qu'on proscrit, comme le Roi, Ne crains ni l'oubli ni la rouille :

Toujours l'Ecosse pense à toi !

Nous te ferons briller encore Aux regards de l'Anglais bourreau.

Dors jusque-là, bonne claymorc, Avec notre honneur pour fourreau!

Deux oiseaux, l'aigle et l'hirondelle,

Se plaisent sur nos monts bruineux.

L'Ecosse est vaillante et fidèle, Fidèle et vaillante comme eux!

Et pour la révolte indignée Le vieux glaive, quand il faudra, En nous présentant sa poignée, Lui-même, du sol, surgira!

ANGUS, qui, pendant que Marie chantait, a peu à peu relevé la tète.

Oui, tu dis vrai! L'enfant vaut mieux que le grand-père ; Le vieux chant a raison. Honte à qui désespère! Je veux encor tenter, pour la cause du Roi, Un énergique effort.

Cher grand-père !

ANGUS

Dis-moi, Si j'en crois ce grand vent, qui souffle la poussière, La mer est proche, et c'est ici le cimetière Des Finçalls?

MARIE

Oui.

ANGUS

Dickson est toujours fossoyeur?

MARIE

Oui.

ANGUS

Je ne puis trouver de complice meilleur...

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