ACTE I. SCÈNE VI. 28:î
Le drap de l'échafaud sur lequel tu marchas, Et ton gant, essuyant sur ton front les crachats ! Faites un trou profond, profond, pour qu'on y jette Les armes du vaincu, la lyre du poète, Tous nos espoirs chéris, tous nos grands souvenirs,. Les pleurs des exilés et le sang des martyrs ! Puis, lorsque tout aura disparu sous l'argile, Piétinez bien le sol pour qu'il soit infertile Et que, derniers témoins venant vous accuser, Les chardons écossais n'y puissent plus pousser!
ROBIN, suivi de plusieurs montagnards.
Assez, Angus !... Ta voix a remué nos âmes ! Oui, vieillard, nous étions des lâches, des infâmes ! Mais c'est fini...
Se jetant aux pieds de lord Fin-ail.
Pardon, milord, à deux genoux!...
Commandez... On est prêt à vous suivre.
LA FOULE
Oui, tous t
LORD F1XGALL.
Bien sur?
non in.
Vous reverrez nos vaillantes furies.
On courra, sabre au poing, sur les artilleries Et sur les escadrons d'hommes et de chevaux;
284 LES J ACQUITES.
Et quiconque n'a pas d'arme prendra sa faux, Noble lord, et viendra combattre sous votre ordre. . .
D INC AN.
Et qui n'a pas de faux aura des dents pour mordre ; Et l'on surpassera les exploits anciens. On nous a trop longtemps traités comme des chiens ; L'Anglais reconnaîtra les petits de la louve.