‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 19 sur 251 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

nesse de Plantzau?. .. Ah! vous vouliez me faire l'aumône... J'accepterais cela, mais pas moins... Mon bon monsieur, faites-moi donc la charité !

LE DUC

Monsieur, je me nomme Wolff, duc de Falkenberg, en Autriche, comte de Pzibran en Bohême, seigneur de Rosemburg, Blasewitz, Teuielsbach et autres lieux; je suis colonel général des trabans rouges, gentilhomme de la chambre de Sa Majesté et commandeur de ses ordres. Le roi m'honore de son amitié; le président du conseil est mon cousin ; je possède en terres un capital de quatre millions de florins... Eh bien, je mets mon crédit et ma fortune à vos ordres ! Je vous en prie, disposez de moi.

KARL

Cette ironie...

LE DUC

Non, morbleu! je suis sérieux comme un conclave qui nomme un pape.

KARL

Quoi, vous voudriez ?. . .

LE DUC

Ètes-vous gentilhomme ?

KARL

Je le cachais, dans la misère où j'ai vécu jus^ qu'ici... Mais je suis baron de Werner... Noble d'hier, d'ailleurs ; mon père a été baronisé par le feu roi.

LE DUC

C'est la noblesse des ambitieux, courte et bonne. Eh bien, avant trois jours, je vous aurai présenté chez le roi, je vous aurai présenté chez le chef du cabinet, je vous aurai présenté chez la chanoinesse ? mais avant tout, mon cher, il faut que je vous présente chez mon tailleur.

KARL

Est-ce un rêve?

LE DUC, écrivant sur son carnet.

Voici qui vous convaincra déjà de la réalité.

(Déchirant la feuille et la présentant à Karl.) C'est lin bon SUr

la banque des frères Manheim.

KARL

Quatre mille florins!

LE DUC

Est-ce suffisant comme entrée de jeu ?

KARL

Excusez-moi, monsieur le duc, mais le malheur

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