‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 203 sur 251 · M MUE · texte numérisé non relu

M MUE

Je les ai devancés... Grâce à Dieu, m'y voici !... Ils sont tout près, mais ils n'ont pu me reconnaître, Ni me voir, d'unseul bond, franchir cette fenêtre; J'avais l'avance, au moins, de trente pas sur eux... Mais cette femme elle est prise en un piège affreux... Je la hais ! Mais il faut quand môme qu'elle en sorte. Lord Fingall et Gordon surveillent cette porte; Et quand, avec celui qu'il est allé quérir, Donald va les rejoindre, ils sauront bien l'ouvrir. Mon Dieu! comment tirer lady Fingall du pièyc Et la faire sortir d'ici? Gomment ferai-je ? Je le veux, je le dois pourtant... J'entends des pas... C'est elle.

DORA, entrant à droite^ aperçoit Marie el jette un cri d'épouvante.

Quelqu'un !... Dieu !

MARIE

Ne m'interrogez pas. . .

Mais répondez-moi vite, ou vous êtes perdue... Dites ! cette maison n'a-t-elle qu'une issue?

DORA, dans le plus grand trouble.

Mais... pourquoi"/...

MARIE

Rassemblez toute votre raison Et tout votre courage, et parlez î La maison Où nous sommes, voyons ! n'a que cette sortie?

DORA

Oui ! contre le rocher la maison est bâtie... Deux chambres, voilà tout, et cette porte-ci.

MARIE

Alors, malheur sur vous, et sur le Prince aussi ! Malheur sur les Stuarts et malheur sur l'Ecosse ! Ah ! vous avez commis une action atroce En prenant ce royal amant, lady Dora ! Et ce sera terrible, et Ton vous châtiera, Mais trop tard, et le crime est bien irréparable ; Car vous avez perdu, sachez-le, misérable ! Par amour, par caprice... est-ce que je sais, moi ? La liberté d'un peuple et l'avenir d'un roi !

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