‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 205 sur 251 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Éclaire devant lui son glorieux chemin.

Moi, madame, voilà ce que je suis... Vous êtes,

Au contraire, accourue ainsi que pour des fêtes,

Trouvant bien plus piquant et bien plus singulier

De chasser au soldat anglais qu'au sanglier;

Yous avez, comme on fait pour une mascarade,

Pris un grand sabre et des pistolets de parade;

Puis, le Prince étant jeune, et comme on doit, un jour,

Être duchesse au moins, et dame de la cour,

Qu'on ne veut pas avec les autres se confondre

Quand on ira, plus tard, en carrosse dans Londre,

A titre d'excentrique et bizarre ornement

Yous avez pris alors le Prince pour amant !...

Les justiciers bientôt vont franchir cette porte;

Lord Fingall vous tuera, peut-être... Que m'importe!

Mais il va fuir, après l'outrage d'aujourd'hui,

Notre armée, entraînant les autres avec lui...

Et l'Ecosse sera vaincue, et l'Angleterre

Assouvira sur nous sa haine héréditaire,

Et, plus nombreuses que vos baisers froids et faux,

Les têtes tomberont sur les noirs échafauds !

Payant cher vos moments d'ivresse vaniteuse,

Charle-Édouard, après une fuite honteuse,

N'aura plus que l'exil et l'ignoble repos.

Et nos drapeaux gonflés par l'espoir, nos drapeaux,

Sous lesquels nous rêvions l'Ecosse libre et sauve, N'auront servi qu'un jour de draps pour votre alcôve !

DORA

Ils vont venir !... Mon Dieu ! je suis morte à moitié...

Par grâce, sauvez-moi ! Sauvez-moi, par pitié !...

Être surprise ici dans ce piège où nous sommes,

Devant le noble Lord, devant ces autres hommes,

J'en vais mourir, et c'est trop de honte et d'effroi !

Inventez un moyen de salut... Pas pour moi !

Oh ! pas pour moi !... mais pour le Prince et pour sa cause

Cherchez une cachette, oui, trouvez quelque chose...

Mais ne me laissez pas déshonorer ainsi !

Ah! je baise vos pieds... Je demande merci...

Tous l'avez dit, le Prince y perdra son armée

Et l'Ecosse sera vaincue et décimée...

Rien pour moi ! . . . Mais il faut conjurer ces malheurs

Et sauver la Patrie et le Prince... Ah ! je meurs !

Elle tombe, défaillante, aux pieds de Marie. M A R I E.

Les sauver!... Atout prix, il le faudrait... Marie, Marie, oh ! songe au Prince et songe à la Patrie!... Dieu ! quel affreux désir vient de moi s'emparer ! Ces hommes qui sont là ne m'ont pas vue entrer; Us l'ont dit, s'ils trouvaient dans la femme inconnue

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