‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 208 sur 251 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Cette fille en haillons î . . .

Nous nous sommes trompés...

LORD FINGALL, la reconnaissant à son tour.

Marie ! Est-il possible ?~

MARIE, à part, se cachant de nouveau le visage.

Ah ! je n'aurais pas cru que ce fût si terrible !

GORDON DE GLENCOÉ.

Ainsi, vous connaissez cette femme, milord?

LORD FINGALL.

Hélas ! oui.

MARIE, à part.

Que j'ai honte ! Oh î c'est pis que la mort l

GORDON DE GLENCOÉ.

Est-elle, par hasard, mariée à quelque homme Du clan des Mac-Fingalls?

LORD FINGALL.

Non ! Elle est libre, en somme, Mais je la croyais pure, et je murmure : Hélas ! Comme à voir dans la fange un rameau de lilas.

GORDON DE GLENCOÉ.

Enfin, nous ne trouvons ici qu'une amourette.

Vous aviez donc raison, milord, et je regrette

De n'avoir pas à vos avis rangé les miens...

Cependant, il me reste un doute, j'en conviens.

Cette enfant est assez belle sous ses guenilles;

Mais qu'un prince ait du goût pour de pareilles filles !...

Oui, je garde un dernier soupçon. . .

MARIE, à part.

Il doute encor!

Faisons donc un dernier sacrifice.

Elle prend dans sa poitrine et laisse tomber à terre la bourse que Charles-Edouard lui a donnée à l'acte précédent.

GORDON DE GLENCOÉ.

De l'or!... Je comprends.

LORD FINGALL, ramassant la bourse.

Une bourse. . . Elle est brodée aux armes Du Prince!... C'est affreux !

Il la rejette violemment. Marie pousse un sanglot. Lord Fingall s'approche d'elle et lui dit à voix basse :

Ah ! pas de fausses larmes, Et de ton déshonneur ramasse donc le prix, Malheureuse! On n'a plus pour toi que du mépris... Pour de l'argent ! C'est trop d'infamie et de vice !

MARIE, à part, montrant la bourse par terre.

Charle-Édouard m'a dit : « Sers-t'en pour mon service ! »

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