‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 209 sur 251 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, ANGUS, DONALD de GLENMORISTON.

D 0 H A L D D E G L E>" M OR I S T 0 >'. du seuil delà porte.

Vous avez la coupable?... Eh bien, voici le juge!

Angus, qui suit Donald, parait au fond.

L'aveugle!

MARIE, à part.

Mon grand-père!... 0 honte! ô désespoir!

LORD FINGALL, saisissant le bras de Donald de Glenmorislon et lui parlant à l'écart.

Au nom du ciel, silence ! . . . Il ne peut pas la voir. C'est sa fille!

DONALD DE GLENMORISTON, à voix basse.

Grand Dieu! Qu'avons-nous fait?... Sa fille!

ANGUS

J'étais assis auprès du bivouac qui pétille,

Et songeais tristement, en sentant sa chaleur,

Que la lumière est belle et met la joie au cœur.

Soudain un homme vint, m'éloigna de la flamme

Du bivouac, et me dit : « Le Prince est un infâme;

« Le Prince est un impur, un traître, un suborneur.

« Contre la loi divine et celle de l'honneur,

« Il a pris — nous serons bientôt sûrs de sa faute —

« La femme d'un des chefs, la femme de son hôte.

« Or, si le Prince est tel que nous le soupçonnons,

« Nous brisons la claymore et nous l'abandonnons;

« Il pourra fuir, avec sa honte pour supplice.

« Viens, Angus! nous allons surprendre sa complice;

« Elle confessera son crime à tes genoux.

« Mais, viens! car nos soldats te croiront mieux que nous;

« Ta bouche leur dira la vérité fatale,

« Et tu seras témoin et juge du scandale. »

J'ai dit : « C'est bien! » et l'homme en ce lieu m'a mené.

Le Prince, si c'est vrai, doit être abandonné,

Malgré notre serment et son droit légitime.

Car le Vice est la fleur effroyable du Crime,

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