I) UNO AN
Parfois sa démence bavarde Mêlasse... Mais vraiment, comme le maître tarde! Ah î je suis inquiet quand il n'est pas ici... Pourvu qu'il ne soit rien arrivé...
Lord Fingall parait à la porte du fond, il est vêtu d'habits il^ paysan, avec une sorte de limousine, et marche lentement, l'air accablé et les yeux fixôs à terre.
IIU TH.
Le voici.
A lord Fingall.
Vous venez de là-bas, milord ?
LORD FINGALL.
Oui.
DUNCAN
Votre Grâce N'a besoin de rien ?
LORD FINGALL.
Non.
S'approchant du vieux fauteuil de paille.
C'était à cette place !...
Elle me souriait encore... Elle a laissé Tomber sa tête, avec un air d'oiseau blessé... J'ai senti se crisper sa main pâle... oh ! si pâle !... Et puis, tout doucement, sans effort, sans un raie, Comme un petit enfant ferait pour s'assoupir,
Elle est morte !... Et ce faible et ce dernier soupir, Qui n'aurait pas courbé le feu d'une bougie, Fit tomber sur le sol cette tête blanchie, Qui ne s'est pas brisée, hélas ! du choc affreux î . . .
Il éclate eu sanglots.
Ah î mes pauvres amis, que je suis malheureux !
Duncan et Ruth le font asseoir.
RI' TH
Milord!
Elle ! Dora ! S'en aller la première ! . . . Lorsque ses cheveux blonds brillaient dans la lumière, Elle avait l'air d'avoir quinze ans ! . . . Quelle douleur ! . . . Quelquefois, en riant, je l'appelais : « Ma fleur ! » Pauvre petite fleur, dans le sang écrasée ! . . . Je suis vieux; je n'avais jamais eu la pensée Qu'elle m'aimât comme un amant, comme un époux ; Mais elle avait pour moi — mon Dieu ! que c'était doux!- Une bonne amitié, même un peu de tendresse. Non ! je ne rêvais pas une longue vieillesse; Et je songeais : « Bientôt, c'est moi qui partirai. Il sera libre, alors, son cher cœur adoré; Elle pourra choisir un mari digne d'elle, Mais en gardant toujours un souvenir fidèle Pour le vieux lord qui l'eut en sa jeune saison,