‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 224 sur 251 · SCÈNE III DUNCAN, RUTH, puis LE PRINCE · texte numérisé non relu

SCÈNE III DUNCAN, RUTH, puis LE PRINCE

DUNCAN, écoutant, près de la porte du tond.

Plus de coups de fusil.

RU TH

Ah! Duncan, je suis pleine D'inquiétude!... On chasse à l'homme, dans la plaine. Tu n'as pas, tout à l'heure, entendu quelques cris, Au lointain?

DUNCAN

Non.

RUTH

Seigneur, veillez sur les proscrits Et gardez du péril notre pauvre demeure !

DUNCAN, descendant en scène.

Non... je n'entends plus rien.

En ce moment, le Prince arrive en courant et s'arrête, essoufflé, sur le seuil. Il porto un habit de montagnard, couvert de poussière, et n'a ni armes, ni plaid.

LE PRINCE

Asile pour une heure !

Dieu! le Prince!

Il UT H. stupétaite.

Le Prince!

Ils s'inclinent devant lui.

LE PRINCE

Oui, le fils de vos rois, Vaincu, proscrit, traqué comme un cerf aux abois! Lui-même !... En le cachant, vous risquez votre tête, Et si vous le livrez, votre fortune est faite... Tant pis ! Je n'irai ;pas plus loin. . . Je suis trop las !

DU N C A N, se relevant.

Prince Charles, je fus un de vos bons soldats, Et cette humble maison et celui qui l'habite Sont à vous. J'ai suivi l'étendard jacobite A Preston, à Falkirk, à Gulloden !

LE PRINCE

Pardon!

Car je deviens ingrat dans mon triste abandon. L'Anglais peut me traiter en animal féroce, Je dois me souvenir que, dans ma chère Ecosse, Où, depuis de longs jours, j'erre en désespéré, Beaucoup m'ont reconnu, mais nul ne m'a livré.

Il tend la main à ûuncan, qui la baise. DUNGAN.

Femme, va préparer vite la chambre haute...

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