‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 247 sur 251 · A. NOUS · texte numérisé non relu

A. NOUS

Crois sa parole, elle est la Patrie elle-même! Tu peux partir, braver la mer et son péril, Va! les tombeaux seront indulgents pour l'exil.

LE PRINCE

L'exil! Souffrance amère et que j'ai trop connue! L'exil aux jours sans fin, où toujours diminue Et recule toujours de plus en plus l'espoir, Gomme un navire en mer dans la brume du soir!

MARIE

Dans les pays dorés, dans les cités célèbres,

Oui! tu regretteras l'Ecosse aux cieux funèbres

Et songeras, rêveur sous un climat vermeil,

Que la chaleur du cœur vaut mieux que le soleil !

Mais par les belles nuits de France ou d'Italie,

Quand tu souffriras trop de ta mélancolie,

Pense à nos nuits du Nord, sereines par hasard...

La lune, tout à coup dissipant le brouillard,

Se mire dans le lac où les daims viennent boire ;

Les astres sont brillants, la campagne est moins noire,

On distingue les pics neigeux à l'horizon;

Et le son d'un pibrock, venant d'une maison

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