ACTE V, SCÈNE III
Où veille une lumière et qu'un pauvre homme habite,
Soudain s'élève et joue un vieil air jacobite...
Quand tu verras briller les astres au ciel pur,
Pense à nos froides nuits de triste et pâle azur,
Où passe quelquefois la musique confuse
Que joue une lointaine et douce cornemuse!
Dis-toi qu'on se souvient là-bas de l'exilé,
Venu dans le pays qui l'avait appelé
Pour v combattre en brave et lui laisser la gloire
Et l'honneur, deux trésors plus chers que la victoire.
Oui ! si loin que l'exil t'emporte, dis-toi bien
Que les cœurs écossais battent avec le tien;
Et tu souffriras moins de tes pleurs solitaires,
0 proscrit! en songeant que, dans les Hautes-Terres,
Le montagnard, mis au carcan par ses bourreaux,
Pleure son jeune chef, son Prince et son héros !
LE PRINCE
Mon Dieu ! Quel souvenir de tendresse, quel gage D'amour pourrait répondre à ce touchant langage? Ah ! je pleure! Mon cœur palpite à se briser
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M AR IE, tombant dans les bras du Prince.
Eh bien! laisse-moi donc te rendre ton baiser Celui que je reçus comme une fiancée !
LE PRINCE, l'embrassant.
ANGUS
Et ma main, ma main faible et glacée, Mais que fait de l'Ecosse encor frémir l'esprit, Bénira les adieux de l'enfant au proscrit! 0 Prince, souviens-toi! Par ces lèvres de femme, Toute une nation t'abandonne son âme !
Garde jusqu'à la mort ce sacré souvenir!
LE PRINCE, s'apercevant que Marie est prise d'une défaillance.
MonlDieu ! Qu'a-t-elle?... Angus, venez la soutenir. Elle s'évanouit! Chère enfant malheureuse! Son visage est couvert d'une pâleur affreuse, Et ses yeux demi-clos ne peuvent se rouvrir!
ANGUS
L'Ecosse est morte, hélas ! mon enfant va mourir!