‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 29 sur 251 · ACTE II. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE III

LA COMTESSE

Que vous ne m'aimiez plus.

KARL

Mathilde! au nom du ciel, comment ai-je pu mériter un pareil soupçon?

M A T II 1 L DE, s'asseyant avec lassitude.

Que sais-je? L'homme est si changeant... et depuis quelque temps, — pardonnez-moi, les femmes sont folles, — mais je vous voyais si triste, si abattu...

Comment ! vous pensez que j'ai pu oublier ce que vous avez été pour moi? Vous me croyez capable de vous abandonner, vous qui m'avez compris la première, qui m'avez servi de vos conseils, de votre influence; vous enfin qui, abjurant les préjugés de votre caste et de voire éducation, m'aidez chaque jour à vaincre la résistance de cette aristocratie dont vous êtes sortie, Mathilde, et dont vou^ acceptez la haine par amour pour moi?... Ah! qu'ai-je donc fait pour que vous m'accusiez d'une telle ingratitude?

LA COMTESSE

Voyez, vous ne me parlez que de reconnaissance! Est-ce que cela exisle en amour?

KARL

Aussi vais-je vous donner du mien une preuve plus éloquente que toutes les protestations.

LA COMTESSE

Laquelle?

KARL

Savez-vous l'odieux calcul qu'on m'attribue?

LA COMTESSE

Non.

KARL

D'afficher notre liaison pour obtenir plus vite votre main et votre fortune.

Est-ce possible?

Ce billet remis à la reine douairière est le dénouement de cette intrigue, et je donnerai raison à la calomnie en vous épousant.

LA COMTESSE

Et que comptez-vous faire?

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