SCÈNE IV KARL seul, puis UN DOMESTIQUE
KARL
Et je ne l'aime pas ! Ah ! il n'y a pas à être hypocrite avec moi-même : je ne l'aime pas. Certes, ma conscience ne me reproche rien. Si elle a été un des instruments de ma fortune, ce n'est pas moi qui l'ai cherchée. J'ai cru l'aimer, c'est possible! La vanité, le désir m'ont fait illusion. Mais depuis, j'ai mieux compris ce caractère altier et dominateur. Enfin, je ne l'aime pas, voilà tout! Lié à jamais... pour un billet perdu, une maladresse de femme! car il faut que je l'épouse. Je serais un malhonnête homme si je ne le faisais pas. m sonne, un domestique paraît.) Ouvrez ces rideaux, enlevez ces
lampes. (Le domestique obéit et sort. Karl, près de la fenêtre.)
L'affreuse matinée d'hiver! ce ciel gris à perte de vue, ces flocons blancs qui fondent en touchant le sol humide, c'est horrible! Où sont donc tombés les désirs purs et les candides illusions de mon âme?... Voilà!... de la neige sur de la boue. Quelle