‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 32 sur 251 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

féerie étrange que ma vie! Il y a bientôt un an quer entre ce cœur et le pistolet chargé, s'est placée la main de cet homme qui m'offrait la volupté et la puissance, et ni l'une ni l'autre ne m'ont satisfait. Je vais m'unir à une femme belle, noble et riche, et je ne l'aime pas. Je suis le ministre d'un grand pays, admiré par le peuple, haï par les grands, envié de tous, et je succombe de lassitude et de dégoût. Mon travail m'écrase, quand il ne me répugne pas. Cette nuit même, devant ce dossier des fonds secrets de l'ancienne cour, dont j'ai enfin obtenu la communication, j'ai été suffoqué par cette bouffée d'infamies, et je n'ai pu achever la lecture... Et cependant, j'ai la conscience du juste et du vrai... j'ai conçu des projets grandioses... Est-ce que je ne serais qu'un rêveur?

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