ACTE II, SCÈNE IX
KARL
Oui ! puisqu'il y a un crime dans les causes qui me l'ont fait obtenir.
MATHILDE
Et vous divulgueriez devant le roi toute ma honte?...
KARL, prenant un papier sur la table.
Il a seul le droit d'anéantir Ce papier, unique preuve de la trahison du comte Zéno. (Mathilde,
d'un geste subit, lui arrache le papier des mains.) Ail !
Elle s'élance vers la cheminée. Karl la poursuit et la rejoint. Courte lutte. Mathilde parvient à jeter au feu le papier qui flambe.
Elle n'existe plus.
KARL
Mathilde !... ce nouveau crime!...
MATHILDE, d'une voix vibrante.
Monsieur de Werner, vous allez vous rendre immédiatement auprès de Sa Majesté et la conjurer de ne pas accepter votre démission.
KARL
Non.
MATHILDE
Vous allez prendre dès aujourd'hui toutes vos mesures pour que notre mariage soit célébré dans huit jours.
KARL
Non.
MATHILDE
Vous allez faire ce que je vous ordonne, ou bien...
KARL
Non ! non ! mille fois non.
MATHILDE
Prenez garde... je suis nerveuse, vous venez de le voir. — Voyons, Karl, pas d'enfantillage. Je vous croyais un homme d'esprit, et vous devriez comprendre qu'il faut que je vous aime bien encore pour consentir, après toutes vos insultes, à devenir votre femme et à servir votre ambition. Vous réfléchirez.
KARL
J'ai résisté à vos prières ; je ne céderai pas à la violence.
MA THILDE.
Vous m'avez cruellement outrasée, soneez-v ; si