ACTE III, SCÈNE VI
LA COMTESSE, à part.
Ai-je bien entendu? Cette petite fille, duchesse ! Oh! elle acceptera.
META
Monsieur le duc... je ne comprends pas bien. Ètes-vous sincère ou me tendez-vous un piège?... Mais, qu'importe d'ailleurs! j'aime Karl et je refuse.
LE DUC ET LA COMTESSE, à part.
Ah!
META
Mais si c'est là votre moyen de délivrer Karl de moi... puisqu'on veut que je l'en délivre ; s'il faut qu'il me méprise pour m'abandonner sans douleur et sans remords, faites ! Qu'il croie que je consens à vous épouser, qu'il suppose que la vanité m'a rendue parjure, et madame pourra faire alors son bonheur, si elle peut. Seulement, ne me demandez pas déjouer longtemps cette odieuse comédie, car dès que Karl semblera m'avoir oubliée, j'irai cacher mes larmes dans une retraite inconnue où, dès aujourd'hui, je défends à quiconque de me suivre.
LA COMTESSE
Mon enfant...
LE DUC
Meta, laissez-moi du moins espérer...
Ah! pas de consolations hypocrites. Tout est comme vous le vouliez, n'est-ce pas? Aidez-moi seulement à achever le sacrifice, et que ce soit rapide. Emmenez-moi d'ici. Karl peut rentrer à l'impro.viste, et si j'étais en sa présence, je ne réponds plus de rien. Emmenez-moi, et ne tardez pas ; car tout ici me le rappelle et semble me reprocher mon départ et me retenir. Partons ! Vous me trouverez bien un refuge? Madame doit avoir prévu» cela.
LE DUC, regardant à la fenêtre au fond.
Hâtons-nous en effet... J'aperçois Karl qui revient là-bas.
META ET LA COMTESSE, ensemble.
Lui!
LE DUC
Il marche à pas lents, mais nous n'avons pas un
mStailt à perdre. (Il va fermer la porte. Puis, à Meta, montrant
la petite porte à droite.) On peut sortir par ici, n'est-ce pas?... Venez.