‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 89 sur 251 · SCÈNE III GIAN-HATTISTA TOKELLI, SEVERO · texte numérisé non relu

SCÈNE III GIAN-HATTISTA TOKELLI, SEVERO

Gian-BattistaTorelli, barbe et cheveux blancs, entre, la main posée sur l'épaule de son fils.

GIAN-BATTISTA

Non, Severo, j'eus tort de suivre ton conseil,

De sortir avec toi, vois-tu. . . Ce bon soleil

Ne m'a pas réchauffé; car, devant le ravage

Qu'a fait dans ma patrie un siècle d'esclavage,

Devant ce peuple, au joug condamné sans recours,

C'est au cœur que j'ai froid, mon fils, froid pour toujours !

Rentrons.

SF.YERO.

Votre douleur, hélas ! me désespère.

Plus qu'aucun je respecte, ô cher, ô noble père, Le fier isolement où vit enseveli Dans sa promesse, Gian-Battista Torelli.

Mais, à rester toujours reclus et solitaire, — Ne le voyez-vous pas ? — votre santé s'altère ; Le médecin l'a dit, il faut que vous sortiez. Quand vous rêvez, le soir, les pieds sur les landiers, Roulant dans votre esprit quelque pensée amère,

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