‹ ThéâtreChapitre 10 sur 191 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA COMTESSE

N'en parlons plus, vous voulez bien? Merci!

RAYMOND

Que vous êtes méchante !

LA COMTESSE, Rapprochant du chevalet

Et dans ce moment-ci, Que faites-vous?

RAYMOND

Voyez l'ébauche.

LA COMTESSE

Une marine.

Ali î oui, la mer. Gela fatigue la poitrine. J'ai passé quinze jours à Deauville. On portait Le chapeau Louis seize et la canne. C'était Lorsque Gladiateur eut le prix à la course. Un monde très mêlé. Beaucoup de gens de bourse, Avec des chaînes d'or et des airs bien portants. Je me suis ennuyée... Il a plu tout le temps. Mais oui, c'est bien cela. Le ciel, la marée haute, La l'alaise...

RAYMOND

Ah! c'était si bon, ce coin de côte!

Vous auriez regretté votre monde étourneau;

In LE RENDEZ-VOUS.

C'est vrai î pas de toilette et pas de Casino. Mais moi, qui n'y tiens pas, sur ce brave rivage J'ai vécu quatre mois tout seul, libre et sauvage. Dès le matin, assis sur un vieux cabestan, Parmi les filets roux qui séchaient dans le tan, Je respirais à pleins poumons le vent du large; La lame arrivait : poumm! et je faisais la charge Du lourd paquet de mer tombant sur les galets. Et les jolis tons lins ï. .. des gris ! des violets î Et les matins d'azur où blanchissent des voiles, Et les soleils couchants, et les milliers d'étoiles, Et les rochers où l'eau monte, court, parle et bout- La mer! voyons! mais c'est amusant comme tout.

LA COMTESSE

Vous dites bien cela. La nature... peut-être?...

RAYMOND

Ah ! tenez, je voudrais vous la faire connaître. Elle nous aime tant, nous qui la connaissons. Elle n'a pas assez de parfums, de chansons, De caresses pour ceux qui lui donnent leur vie; Car la fleur qui se cache et qu'on trouve est ravie; Car le merle, sifflant dans les branches, l'été, Quand il sait que quelqu'un l'écoute est enchanté;

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