SCÈNE II
RAYMOND
Des études... ma foi ! selon les bons principes. En pleine pâte.
LA COMTESSE
Pouah ! les effroyables pipes !
RAYMOND
Excusez...
LA COMTESSE
C'est de vous?
Et de quelques amis.
Mais vous dire le temps et les soins qu'ils ont mis !... Quand le jour est mauvais, il faut bien qu'on s'occupe.
LA COMTESSE
Allons au chevalet. Ne suivez pas ma jupe; Faites comme si vous receviez un voisin... Ah ! ce mur tout couvert de croquis au fusain. Tiens! une adresse, un nom... Mademoiselle Adèle, A Montmartre... Pardon, monsieur!
RAYMOND
C'est un modèle Dont je me suis servi pour l'exposition.
LA COMTESSE
N'importe, j'ai commis une indiscrétion,
J'ai regardé trop vite, et je crains qu'on m'en veuille.
Mais pourquoi prenez-vous le mur pour portefeuille?
RAYMOND
Je vous dis que c'est un modèle.
LA COMTESSE
Pourquoi donc?
N'insistez pas. Je dois vous demander pardon. Vous avez votre mur, vous y mettez l'adresse De votre blanchisseuse ou de votre maîtresse ; Je vois, je lis, j'ai tort; et c'est bien votre droit.
RAYMOND
Sur ma parole! c'est un modèle.
On vous croit.
RAYMOND
Mon accent convaincrait la plus féroce épouse.
LA COMTESSE
Permettez ! je n'ai pas le droit d'être jalouse.
RAYMOND
Pourtant...