LA MARQUISE DE MAINTENON, HENRIETTTE, LA COMTESSE, LOUVOIS, NANON
NANON
Madame, on vous demande une audience.
MADAME DE MÀINTENON.
Non î Quelque solliciteur à chaque pas m'arrête. Je ne puis. Et si j'ai le crédit qu'on me prête, C'est que j'en ai toujours usé discrètement.
NANON
Mais, Madame, on ne veut vous parler qu'un moment, Et puis ce visiteur a l'air d'un gentilhomme.
Enfin !... T'a-t-il, au moins, dit comment il se nomme '!
NANON
Oui. — Monsieur de Méran.
MADAME DE MAINTENON, avec épouvante.
Lui!
TUÉATUE. — II.
HENRIETTE, à part, avec une surprise heureuse.
Lui!
LOUVOIS, à part.
Qu'ai-je entendu?
Méran ! L'ancien amant que l'on croyait perdu ! Oh ! le sort est pour moi !
MADAME DE MAINTENON, dans le plus grand trouble.
Dis-moi, Nanon, ma fille...
Ce gentilhomme est là ?
NANON
Derrière la charmille, A quelques pas d'ici. Dois-je l'aller quérir?
MADAME DE M AI NT ENON, à part, défaillante.
Antoine qui revient?... Oh ! je me sens mourir.
LA COMTESSE, avec empressement.
Mais qu'avez-vous, Madame?
LOUYOIS, regardant madame de Maintenon dans les yeux.
Oui... vous êtes troublée.
MADAME DE MAINTENON, se dominant.
La journée est humide et m'a toute accablée... Parfois, par ce temps-ci, ce vertige me prend. — Nanon, va me chercher ce Monsieur de Méran.