ACTE I, SCÈNE
LA COMTESSE, gaiement.
Henri quatre disait : Paris vaut une messe. Imitez-le, mignonne, et convertissez-vous; Et nous vous trouverons alors un noble époux, Car pour votre beauté la Cour est le seul cadre.
LOUYOIS.
Et monsieur d'Aubusson sera fait chef d'escadre, Si, suivant votre exemple, il abjure à son tour. Les nouveaux convertis sont bien vus à la Cour. Vous fondez sa fortune...
MADAME DE M AI NT EN ON, à Henriette.
Et vous sauvez votre âme.
Hésitez-vous encor ?
HENRIETTE, timidement.
Ma cousine... Madame...
Non, je ne voudrais rien dire qui vous déplût; Ce que vous avez fait n'est que pour mon salut; Vous vaincrez mes derniers scrupules, je l'espère. Mais puisque vous avez dit le nom de mon père, A qui mon séjour même, ici, n'est pas connu, J'attendrai donc qu'il soit en France revenu Et que je sois remise en sa main paternelle.
MADAME DE M AI NT EN ON, avec un peu d'impatience.
Mais non, ma pauvre enfant ! Sur votre âme éternelle Votre père n'a pas de droits. Monsieur de Meaux Vous le prouvait encore, hier, en quelques mots,
A la comtesse.
Et j'en prends à témoin notre gentille amie.
LA COMTESSE
J'ai, pendant le sermon, peur de m'être endormie, Madame, et j'en exprime ici mon repentir. Mais cela ne fait rien. Je veux la convertir, Car je ne puis souffrir les modes calvinistes. Fi d'un Dieu que l'on prie en toilettes si tristes ! Je suis pour le satin, l'or et les diamants; Et j'empêcherai bien qu'avec ces yeux charmants, Notre jolie enfant soit plus longtemps rebelle A la religion qui permet d'être belle.
Folle ! vous rirez donc toujours ?
Nanon entre.
Que veut Nanon ?