ACTE I, SCÈNE V
La bénissant encore et gardant toujours d'elle Le même souvenir pur, profond et fidèle... — Puis, signant et datant de ce funèbre lieu, Sur ce même psautier il écrivit : Adieu !
Après avoir remis le livre à madame de Maintenon.
J'exécute aujourd'hui ce qu'il m'a dit de faire.
Samuel, je prierai toujours pour votre frère, Et je veux conserver ce livre à tout jamais. Mais il me reste encor de l'homme que j'aimais Un autre souvenir plus cher.
SAMUEL
Lequel ?
Vous-même.
SAMUEL
Moi?
J'interpréterais bien mal le legs suprême D'Antoine de Méran, si mon cœur n'accordait Toute sa bienveillance à ce frère cadet, A ce cher dernier-né qu'il aima comme un père.
SAMUEL
Madame!...
Ce devoir est bien doux, et j'espère Vous aider, Samuel, et vous porter bonheur. Vous savez que le Roi me traite avec honneur Et que Sa Majesté, comme marque d'estime, Daigne parfois m'admettre en son conseil intime. Eh bien ! tout le crédit, tout le pouvoir que j'ai...
SAMUEL, l'arrêtant du geste.
Pardon ! Je ne saurais être le protégé Du Roi.
Vous n'êtes pas catholique. Qu'importe ? Pour le faire oublier, je crois être assez forte. Vous évoquez en moi le bonheur ancien, Cher enfant! Ce regard, que je prends pour le sien, M'inspire une amitié douce et passionnée Qui me fait votre mère ou votre sœur ainée. Dites, que voulez-vous? Confiez-vous à moi.
SAMUEL
Madame, grand merci ! Ni de vous, ni du Roi, Je n'accepterai rien.