ACTE II, SCÈNE I
Retourne contre lui le glaive du méchant, . Et fais-le choir au fond de la fosse qu'il creuse.
Lève-toi ! Lève-toi dans ta colère ! Il faut
De son forfait frapper la tête criminelle;
Et je célébrerai ta justice éternelle,
Et je psalmodierai le nom du Dieu très haut ! —
TOUS
Amen.
CROIX SAINT-PAUL, après un silence.
Et maintenant, entrons en conférence.
Les membres du synode se groupent diversement, les uns debout, les autres assis sur des pierres.
Députés protestants du royaume de France, De la religion purs et fermes soutiens, Sous ces voûtes, ainsi que les premiers chrétiens, Nous nous réunissons sans mauvaise pensée Et nous voulons sauver notre foi menacée. Le pacte d'Henri quatre avec les protestants, Cet édit, qui depuis soixante-dix-sept ans Nous avait protégés, cet autel trop fragile Sur lequel nous avions posé notre Evangile, Il n'est plus ; et le Roi vient de l'anéantir. L'alternative est simple : ou rebelle, ou martyr.
Faut-il fuir, ou venger la bonne foi trompée ? Prendrons-nous le bâton du proscrit, ou l'épée? Choisissons, mes amis, et rendons, en ce lieu, Ce qu'on doit à César, et ce qu'on doit à Dieu.
M. DE PONS
La révocation de l'édit est un crime.
Nous devons résister.
M. DE TRACY
La lutte est légitime.
La conscience humaine est au-dessus des rois.
UN MEMBRE DU SYNODE
Nos temples sont rasés depuis quatre-vingt-trois, Et l'édit est d'hier...
M. DE PONS
Il faut des représailles ; Le Rhône est rouge encor des meurtres de Noailles. Œil pour œil, dent pour dent. La loi du talion !
M. DE TRACY
Au parjure on répond par la rébellion;
Et nous vivions en paix sous nos lois respectées.
M. DE PONS
Le Vivarais est las des missions bottées ; Il est prêt.