ACTE II, SCÈNE I
UN MEMBRE DU SYNODE
En Béarn, déjà, nous nous liguons Pour chasser de chez nous Boufflers et ses dragons. Je suis sur de Bayonne.
M. DE TRAC Y
Et je réponds de Nimes.
TOUS
Oui, ffuerre ! guerre à mort!
CU01X SAINT-PAUL
Vous êtes unanimes, Messieurs. Soit! Combattons et mourons en chrétiens. Mais, de vaincre avons-nous l'espoir et les moyens? Aux plus gros bataillons appartient la victoire, Hélas ! Bappelons-nous notre sanglante histoire ; Oui, rappelons-nous Dreux, Jarnac et Moncontour. Je pense, mes amis, — je le dis sans détour, — Oue votre enthousiasme est trop prompt, et s'abuse. Décrocher de son clou quelque vieille arquebuse, Changer en guet-apens nos monts et nos forêts, Cela, nous le pouvons peut-être... Mais, après?... Quand nous réunirons quelques milliers d'épées, Des troupes sans argent, sans chefs, mal équipées, Pourrons-nous les mener au combat ? Contre qui ? Contre les vieux soldats de Condé, de Créquî,
De Catinat? Messieurs, je vous le dis : Chimère ï J'en souffre, mais j'en ai la certitude amère : Sans gloire ni profit, c'est courir au trépas.
M. DE PONS
Baron de Croix Saint-Paul, ne découragez pas ; La route de l'exil n'est que trop fréquentée.
CROIX SAINT-PAUL
Hélas !... Ah ! si par vous pouvait être acceptée, Dans ce péril commun, une offre que je sais, Je pourrais, sur ma foi, répondre du succès.