ACTE II, SCÈNE IV
SAMUEL
Assez! C'est le secret d'un mort, C'est un devoir sacré qui m'a conduit près d'elle. Je n'en dirai pas plus.
CROIX. SAINT-PAUL
Donc, vous êtes fidèle?
Autant que dévoué. Je vous en fais serment.
CROIX SAINT-PAUL
Et si je m'adressais à votre dévouement Pour un danger?...
SAMUEL
Je suis tout prêt.
M. DE PONS, bas, à Croix Saint-Paul.
Ce que vous faites Est grave. Du secret dépendent nos trois têtes.
CROIX SAINT-PAUL, bas, à M. de Pons.
Laissez-moi donc. Sa main n'a pas du tout tremblé; D'avoir l'air d'un poltron il .est déjà troublé. Je lui montre un abîme; il aura le vertige.
M. DE TRAC Y, do même.
Prenez garde !
CROIX SAINT-PAUL, de même.
Il sera notre allié, vous dis-je.
À Samuel, haut.
Permettez que, d'abord, je vous présente ici Mes deux amis, messieurs de Pons et de Tracy.
Samuel et les deux gentilshommes se saluent.
Nous avons un moyen, — et je vous le propose, — Un moyen prompt et sûr de sauver notre cause.
Lequel ?
CROIX SAINT-PAUL
Je n'ai jamais, moi, prud'homme et barbon, Du synode secret auguré rien de bon.
Je sais des huguenots les timides scrupules ; Un colloque ne sert qu'à réfuter des bulles, Et — notre histoire est là — jamais il n'est sorti De tout ce bavardage un sage et bon parti; Tout au plus des discours sur la théologie. Mais vous voyez ici trois hommes d'énergie Qui, malgré le synode avorté d'aujourd'hui, Sauveront le parti protestant, malgré lui.
SAMUEL
Comment?