SCENE II MADAME DE MAINTENON, NANON
Et selon toi, Nanon, c'est un complot encore, C'est un péril prochain?
NANON
Oui, Madame. J'ignore D'où viennent et quels sont les propos malfaisants; Mais on lit la disgrâce aux yeux des courtisans, Et je vous avertis du danger qui menace. Vous le conjurerez, d'ailleurs.
Je suis bien lasse î Comme ils savent haïr, ces prétendus chrétiens! S'ils connaissaient le prix des faveurs que j'obtiens, Comme ils m'épargneraient leur basse jalousie ! Certes, je n'aurai pas pour toi l'hypocrisie De paraître accepter mon sort comme un devoir. C'est un enivrement bien fort que le pouvoir, Et je ne ferai pas la désintéressée, Nanon, car tu connais ma secrète pensée Et, pour me consoler de mes longs jours d'ennuis,