SCÈNE III Les mêmes, HENRIETTE
Elle entre rapidement, en donnant les signes de la plus vive émotion.
HENRIETTE, courant à la Marquise.
Ali ï Madame î... Madame!...
Eh! mon Diim ! que veut dire?
HENRIETTE
Ma cousine... Oh î je meurs de douleur et d'effroi ! Vous qu'on dit tellement puissante auprès du Roi, Secourez une enfant qui pleure et désespère, Sauvez votre parent ! Grâce ! Sauvez mon père !
Mais, quel danger ?
HENRIETTE
Je viens de l'apprendre à l'instant.
Mon pauvre père était du complot protestant; Ils l'ont fait prisonnier, il est à la Bastille. Vous m'aimez ! Vous aimez toute votre famille, Madame ! Sauvez-le !
MADAME DE MAINTENON, avec effroi.
Quoi ! dans ma parenté, Se trouve un criminel de lèse-majesté !
A Nanon.
C'est ma perte, Nanon, et par un de mes proches.
A Henriette.
Mon cousin conspirait?...
HENRIETTE, suppliante.
A quoi bon des reproches?
Ah ! sauvez-le d'abord.
Quel piège je prévois !
Gomment avez-vous su?
HENRIETTE
Par Monsieur de Louvois.
MADAME DE MAINTENON, avec teneur.
Ah!...
HENRIETTE
Il vous avertit, prétend-il, pour vous plaire, Que le Roi laisse voir une grande colère, Qu'à sévir durement il paraît décidé.
Le ministre, pourtant, est bien persuadé