‹ ThéâtreChapitre 157 sur 191 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

MADAME DE MA INTENON, prenant Henriette par la main et la faisant tomber aux pieds du Roi.

Sire, je pousserais, alors, à vos genoux Cette plaintive enfant, qui n'a pas d'autres armes Que son vrai repentir, sa jeunesse et ses larmes, Et qui, de ses erreurs Taisant ici l'aveu, Dans la faute d'un père a vu la main de Dieu; Cette enfant qui, sans même implorer une grâce, Jure par votre main royale qu'elle embrasse, Sire, de n'avoir plus désormais d'autre foi Que celle qui défend d'être traître à son Roi !

LOUVOIS, à part.

Ah ! je n'ai pas encore écrasé la vipère.

LE ROI, à Henriette.

Ainsi, Mademoiselle...

HENRIETTE

Oui ! Grâce pour mon père!

A votre autel, pour vous, je prierai chaque jour... Mais, grâce !

LE ROI

Levez-vous.

HENRIETTE, se relevant, à part.

Meurs donc, mon pauvre amour !

TIIÉATUE. — II. 18

LE ROI

Certes, ce repentir me touche et j'en suis aise. Ce soir, nous comptons voir le Père de La Chaise Et nous lui mènerons cette enfant de ce pas.

LOUVOIS, s'avançant.

Mais...

LE ROI

Monsieur de Louvois, ne m'interrompez pas. Le soin de notre gloire, ici, seul nous conseille; Louis s'est rappelé l'Auguste de Corneille... Que monsieur d'Aubusson soit mis en liberté !

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