‹ ThéâtreChapitre 165 sur 191 · ACTE 111, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE VIII

Voyons donc ! Quel mensonge et quelle calomnie Allez-vous déterrer encor? C'est odieux ! Son passé de malheur la grandit à mes yeux, Sachez-le ! C'est dans l'ombre où la vertu se trouve.

l ou vois.

Mais le crime s'y cache, — et j'accuse et je prouve. Oui, j'accuse tout haut, la nommant par son nom, Françoise d'Aubigné, dame de Main tenon, D'avoir eu pour amant, avant que d'être veuve, Antoine, chevalier de Méran...

LE ROI

Une preuve !

LOUVO.IS.

Et de cet homme, mort en Guyane plus tard, Tout me fait supposer qu'il lui reste un bâtard...

LE ROI

Une preuve !

LOUVOIS

Et qu'elle a l'impudence suprême, Sire, de recevoir ce jeune homme ici même.

LE ROI

Marquis, prouvez cela! prouvez vite! il le faut,

Car vous avez au front l'ombre d'un échafaucl !

LOUYOIS.

Si j'ai trompé mon Roi, je ne tiens plus à vivre !

Il tire de sa poche le psautier et le présente au Roi.

Que Votre Majesté daigne prendre ce livre.

LE ROI

Ciel ! ces deux noms unis !

LOUYOIS.

Lisez donc ! C'est signé :

Antoine de Méran; Françoise d'Aubigné.

LE roi.

Qui donc a rapporté ce psautier?

LOUYOIS.

Un jeune homme, — Comprenez-vous? — qui vient d'Amérique.

LE ROI

Il se nomme?

LOUYOIS.

Samuel de Méran.

LE ROI

Son âge?

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