‹ ThéâtreChapitre 166 sur 191 · ACTE III, SCÈNE VIII. JN · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII. JN

LOUVOIS

Vingt-cinq ans.

LE ROI, avec horreur.

Dieu!

LOUVOIS

La date et le nom sont assez convaincants. Il est secrètement reçu par la Marquise; C'est son bâtard. La preuve en est par trop acquise.

LE ROI, éclatant.

Quoi ! celle dont j'ai tant respecté la vertu, La seule auprès de qui mon désir se soit tu ! Quoi ! ma sagesse était à ce point endormie?... Celle dont je voulais... — Être dupe! Infamie ! Dupe ! Louis de France ! oui, le Roi très chrétien! Ah! Marquis, ce sera terrible, entends-tu bien? Je sens gronder en moi la rage et la folie !...

LOUVOIS

Sire, qu'ordonnez-vous ?

. LE ROI, se maîtrisant.

Eh bien, non ! je m'oublie.

Non ! j'ai tort : je condamne avant d'avoir jugé. A l'aveugle courroux de l'honneur outragé Un homme céderait; mais un Roi le réprime.

J'ai la présomption, non la preuve d'un crime; J'attendrai. Dans ceci plus d'un point reste obscur, Et je ne veux punir que quand je serai sur.

LOUYOIS.

Mais pour un tel soupçon on perdrait une Reine ! Sire, votre penchant funeste vous entraîne ; Prenez garde ! La France observe avec effroi...

LE ROI

Assez, Monsieur ! j'ai dit. Je le veux, moi, le Roi.

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