‹ ThéâtreChapitre 169 sur 191 · ACTE 111, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE X

Pourtant, tout est silence et calme en ce château. On a fait le signal à travers ce rideau.

Montrant la porte basse, à gauche.

Ici loge le duc de Bourgogne, et l'on passe,

Pour monter l'escalier, par cette porte basse.

Mais... Messieurs, un moment... L'homme qui me vendit

Cette clef que voilà, nous avait pourtant dit

Qu'au bas de l'escalier veillait un mousquetaire?

M. DE TRACY

Oui!

CROIX SAINT-PAUL

Je n'ai vu personne en ce coin solitaire, Et nous sommes entrés par trop facilement... Ah ! je voudrais douter de mou pressentiment, Mais je suis inquiet et je redoute un piège.

M. DE PONS

Vraiment?

SAMUEL

Votre complice a tout prévu. Que sais-je? Ce mousquetaire absent, c'est un meurtre évité. En avant !

CROIX SAIN'T-PAUL, sévèrement, à Samuel.

Je n'ai pas moins de témérité Que vous, croyez-le bien! mais à l'heure où nous sommes,

Je fais risquer leur tête à de bons gentilshommes. S'ils meurent, Dieu pourra m'en demander raison. Je dois me méfier de toute trahison.

SAMUEL

Me soupçonneriez-vous?

CROIX SAINT-PAUL, saisissant Samuel par le bras.

Je lis mal dans votre âme, Samuel ! Ce complot avait tout votre blâme : Pourquoi, si promptement, vous y jeter ainsi?

SAMUEL

Pour me venger.

CROIX SAINT-PAUL

De qui?

SAMUEL

Du Roi qui dort ici.

Le Roi, lui qu'au synode, hier, vous défendîtes?

SAMUEL

Que, pour avoir parlé, mes lèvres soient maudites ! J'étais, le lendemain, victime du tyran.

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