‹ ThéâtreChapitre 17 sur 191 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Tout à coup, il s'en va! Ce n'est pas votre faute ; C'est son caprice. Il est ailleurs, il s'est enfui.

RAYMOND

Eh bien?

Oubliez-moi, cher Raymond, comme lui!

RAYMOND

Vous partez! Qu'ai-je fait?

LA COMTESSE

Non! je suis votre amie.

Mais nous avons failli commettre une infamie, Et la tentation était clans notre sein. Je suis venue ici sans coupable dessein... Peut-être, je n'étais que folle, rien de pire ; Mais c'est comme un parfum d'honneur qu'on y respire. Vous ne le vouliez pas, ami : sans le vouloir, Tout dans votre langage exprimait le devoir. Près de vous on devient meilleure tout de suite, Et c'est comme cela que vous m'avez séduite.

RAYMOND

Gomment! je convertis les femmes! C'est très mal. Comtesse, je vous aime, et je suis immoral !

LA COMTESSE

Ne vous laites donc pas plus mauvais que vous n'êtes Tout à l'heure — je lis dans vos bons yeux honnêtes Je vous plaisais bien moins que dans ce moment-ci. Mais pourquoi m'avez-vous faite meilleure aussi?

RAYMOND

Madame!...

LA COMTESSE

Je sais bien que je vous mécontente; Mais sauver pour toujours une pauvre imprudente, Qu'allait perdre un moment d'ennui capricieux, Gela ne vaut-il pas, mon ami, cent fois mieux Qu'un gros vilain remords dont le cœur s'importune. Voyons! et n'est-ce pas une bonne fortune?

RAYMOND

Non! vous convaincriez le Diable...

LA COMTESSE

Bravement, Laissez-moi m'en aller dans mon bon mouvement.

RAYMOND

Rien qu'un instant!...

LA COMTESSE

Je sais le danger, si je reste ; Et l'attendrissement peut devenir funeste.

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