SCÈNE IV
LE ROI, MADAME DE MAINTENON, LOUVOIS, Les Ministres, NANON.
Les ministres s'arrêtent au fond du théâtre. Le Roi s'approche de M™ de Maintenon et la salue avec la plus grande courtoisie.
LE ROI
Madame la Marquis.
C'est mon heure. — Comment ôtes-vous en santé ?
Bien faible... Je rends grâce à Votre Majesté.
LE ROI
Avez-vous vu Fagon ?
Non, pas cette semaine.
LE ROI
Vous avez tort. Il a sauvé le duc du Maine. C'est un fort savant homme; il vous soulagerait.
Sa Majesté, pour moi, prend bien trop d'intérêt. L'indisposition, sans doute, est passagère.
Non pas. Votre santé plus qu'à vous nous est chère. Voyez monsieur Fagon.
A Louvois, qu'il conduit dans un coin.
Ah! quatre mots, Marquis.
NANON, bas, à la Marquise, en l'aidant à s'installer à sa tapisserie.
Eh bien, que disiez-vous? Le Roi vous est acquis; Vous le voyez. Toujours la même courtoisie.
MADAME DE MAINTENON, bas, à Nanon.
Je ne me trompe pas; son regard m'a saisie, Et sa colère est près d'éclater, c'est certain.
LE ROI, bas, à Louvois.
Ainsi donc on les a jugés, et, ce matin, Ces quatre scélérats qui, sans peur ni vergogne, Voulaient porter la main sur le duc de Bourgogne, Ont été condamnés à mort?
LOUVOIS
Et, sans surseoir, Us seront en secret décapités ce soir.
LE ROI
Leurs noms ?