ACTE IV, SCÈNE IV
LE ROI
Payez ! Se ruiner ainsi, c'est s'enrichir. — Après ?
L0UY0IS, après un silence.
Nous n'avons plus qu'une affaire pendante,
Celle des huguenots jugés en chambre ardente.
MADAME DE MA INTENON, à part.
Des huguenots ! Encore !
LE ROI, à M"10 de Maintenon.
Ah, oui ! iîgurez-vous Que quatre aventuriers, — je dis mal, — quatre fous. Ont cru que leur parti reprendrait l'avantage Quand il aurait le duc de Bourgogne en otage. C'est affreux, n'est-ce pas? Mon petit-fils volt'1 !
MADAME DE MAINTENON, à part.
Ah ! ce danger, duquel Samuel m'a parlé... Je tremble !
• LE ROI
Heureusement toute la bande est prix1.
Le marquis de Louvois veillait, et l'entreprise A misérablement avorté cette nuit.
Ils seront châtiés sans éclat et sans bruit ; Car nous ne voulons pas de martyrs politiques.
MADAME DE MAINTENON, d'une voix tremblante.
Et comment se nommaient ces quatre fanatiques?
LE ROI
Dites ces criminels ! Songez donc ! Dieu puissant ! Oser porter la main sur un prince du sang ! Leurs affreux noms, je les ignore, sur mon âme !
A Louvois.
Ayez donc la bonté de contenter Madame.
LOUVOIS, parcourant un de ses papiers avec une feinte indifférence.
Croix Saint-Paul... Pons... Tracy...
MADAME DE MAINTENON, soulagée.
Des inconnus.
L OU VOIS, feignant de chercher dans ses papiers.
Pardon !
Il en reste un. Gomment, déjà, le nomme-t-on ? — Tous, d'ailleurs, subiront la justice sommaire...
Apres un silence.
Samuel deMéran.
MADAME DE MAINTENON, se levant, avec un grand cri.
Ah! lui!
Elle retombe, défaillante, sur sa chaise. — Tous se lèvent.