‹ ThéâtreChapitre 183 sur 191 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

LE ROI

Fable ! Je ne suis plus la dupe qui vous croit.

Sire, je prouverai...

LE ROI, jetant le psautier aux pieds de Mm* de Maintcnon.

Tenez! voilà ce livre.

D'abord, j'ai récusé la preuve qu'il me livre; Mais tout à l'heure, ici, je n'en ai plus douté, En entendant le cri que vous avez jeté. Je ne me trompe pas : c'est le cri d'une mère !

Sire, il n'est pas mon fils !

LE ROI

Bah! Mensonge! Chimère!

Et cet arrêt de mort ! Sire, un sursis du moins, Un sursis ! Car je puis produire des témoins. Chacun sait bien là-bas...

LE ROI, ironiquement.

La ruse est peu vulgaire. . .

Qu'on fasse appareiller un navire de guerre,

312 MADAME DE MAINTEXOX.

N'est-ce pas ? pour savoir quel est ce hobereau ?

— Non ! je ne dois pas faire attendre le bourreau.

Eh bien ! il est encor connu dans ma famille. Le comte d'Aubusson lui destinait sa fille : Qu'ils soient interrogés ! Ils seront les garants Que je ne vous mens point.

LE ROI

Qui cela? Vos parents ?

Précieux témoignage! Avec ces créatures Vous avez combiné ce tissu d'impostures. Puis, s'il n'est pas de vous, ce bâtard protestant,

— Prenez garde ! — pourquoi me suppliez-vous tant?

MADAME DE MAINTENON, éperdûment.

Oui, c'est vrai, je le perds ! Mon Dieu, je deviens folle! Et, là-bas, l'échafaud se dresse! Et le temps vole! Je fais un rêve affreux... Grâce, encore une fois! Ce sont vos courtisans, c'est l'infâme Louvois, Qui m'ont précipitée en ce piège de boue ! Mon Dieu ! ce que je dois avouer, je l'avoue. Antoine de Méran m'aimait, et je l'aimais; Mais je n'ai pas été sa maîtresse, jamais ! Un roman de jeunesse, ai-je dit le contraire?

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