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ACTE V, SCÈNE IV

LE GREFFIER

Il faut un seing royal.

CROIX SAINT-PAUL, à Samuel, d'une voix terrible.

Vois ton œuvre, Judas !

SAMUEL

Horreur !

MADAME DE MAINTENON, à Samuel.

Mais donne donc l'ordre de grâce ! Donne! Sais-tu que j'ai perdu l'espoir d'une couronne Pour avoir ce papier, et qu'un trône, là-bas, Est préparé pour moi si tu n'acceptes pas? Pourtant, vois, je t'en prie... à tes pieds je me traîne.. Oui, ta vie avant tout !...

SAMUEL, déchirant brusquement le papier.

Eh bien, non! soyez Reine.

MADAME DE MAINTENON, avec un cri de douleur.

Ah!

SAMUEL, courant se ranger auprès des condamnés.

Je meurs avec vous ! Suis-je un traître à présent?

CROIX SAINT-PAUL, l'embrassant.

Donne-moi ton pardon, mon frère, en m'embrassant, Toi dont injustement j'ai nié le courage !

Mon baiser sur ta joue effacera l'outrage. Oui, pardonne au vieillard; Dieu voit mon repentir Et maintenant, reprends ton rang, soldat martyr, Parmi la légion des chrétiens décimée.

Sur un .geste du greffier, les condamnés se dirigent vers lu grille au fond; mais, arrivé là, Croix Saint-Paul se retourne et s'adresse à la Marquise :

Et vous, vous si fatale à la foi réformée, Fille des d'Aubigné, Marquise, écoutez-moi : Vous allez devenir la femme du Grand Roi, Au but longtemps rêvé votre ambition touche; Mais c'est le soir du règne, et son soleil se couche. Redoutez l'avenir prédit par un mourant... Malheur sur le Grand Roi ! malheur !

Dieu seul est grand î

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