‹ ThéâtreChapitre 2 sur 191 · SCENE PREMIERE RAYMOND, seul · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE RAYMOND, seul

Au lever du rideau, il est assis nonchalamment sur le canapé, à droite. Tout à coup, il jette la cigarette qu'il fumait et se lève, après avoir regardé l'heure.

Cinq heures! C'est trop tard. Elle ne viendra pas. Ce n'est qu'une coquette, allons î ... Un bruit de pas ,

LE ISENDEZ-VOUS.

Il me semble?... On arrive à la porte; on s'arrête... Non, on passe. — Fumons une autre cigarette.

11 fait une cigarette et se promène de long eu large avec impatience.

Oh! l'attente !... souffrir d'un bruit dans l'escalier!

— Elle m'a dit : « Je veux connaître un atelier; J'irai chez vous. Ce sont des choses qu'on nous cache. Mais il faut que personne au monde ne le sache. Samedi, si je peux. » Elle me parlait bas,

A mon bras, dans le bal. — Elle ne viendra pas !

Après un silence.

Celui qui m'aurait vu, l'autre automne, à Marlotte, Avec mes gais amis, manger la matelotte, Boire le vin du cru, chanter à pleine voix, Et, tout le jour, épris d'air libre et de grands bois, Courir en blouse bleue et la pipe à la bouche, Aurait-il supposé que cet être farouche, Ce faune, ce rapin aux cheveux d'Absalon, Après quelques tableaux remarqués au Salon, Connaîtrait l'habit noir, l'étiquette incommode, Ferait valser un jour une femme à la mode, Et, séduit par l'exquis bijou parisien, Tomberait amoureux comme un collégien ?

— C'est ainsi, cependant... j'adore une comtesse; J'ai mes soirs d'élégance et de délicatesse

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