SCENE
Où, parlant doucement, sentant bon, bien ganté,
Je reçois son sourire et sa tasse de thé.
Et je fais tout cela sans trop de ridicule.
Je connais le mari, — c'est même mon scrupule ! —
Un grand, très distingué, qui me parle chevaux.
— Bah ! Elle a fait pour moi bien plus que je ne vaux. M'accueillir, me traiter d'une façon si franche, M'oflrir si gentiment sa petite main blanche,
Me parler du métier et trouver de son goût
— Elle, une grande dame ! — un pauvre rien du tout, C'était beaucoup déjà. Faut-il que je la blâme Parce qu'elle s'est dit : « Je suis honnête femme »? Elle ne viendra pas ! — Tant pis! et puisque j'ai Justement là ce ciel trop longtemps négligé,
Au travail !
11 prend sa palette et son appuie-main, et va se mettre à son chevalet, puis, soudain attentif:
Mais ce bruit de soie et de dentelle, Ces petits pas pressés?... Cette fois-ci, c'est elle!
Il va vers la porte au fond, par laquelle entre vivement la Comtesse.