PROLOGUE D'OUVERTURE
Nos discordes et nos excès, Et, vainqueur des partis contraires, Donne des sentiments de frères A tous ceux qui parlent français!
Cher langage avec qui l'on prie, Dieu, sévère pour la patrie, Ne t'a pas naguère écouté; Mais il faudra qu'il te réponde, A toi qui fis le tour du monde En y semant la liberté!
Cher langage avec qui l'on pleure, Si devait pourtant sonner l'heure Où l'invasion reparût, 0 langage de notre race, Toi qu'a parlé le vieil Horace, Rappelle-nous son : Qu'il mourût !
Ton passé nous défend de craindre; Mais si ton verbe doit s'éteindre Dans une funèbre clameur, Laisse-nous, dernière espérance, Tomber en criant : Vive France !
Cher langage avec qui l'on meurt !
LE
COMÉDIE EN UN ACTE, EN VERS
REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A LA COMÉDIE FRANÇAISE, LE 23 MAI 1876.
CO.XSTAXT COQUELIN