PROLOGUE D'OUVERTURE
Là, derrière le chef d'orchestre à son pupitre, Un public, le vrai juge et le suprême arbitre. Notre aide, aux lauréats, nous l'offrons de bon cœur ; Mais, seuls, vous donnerez une palme au vainqueur.
Maintenant je devrais finir, mais il me semble,
En voyant réunis tant de Français ensemble
Venus pour acclamer les gloires du pays,
Que par l'émotion nos cœurs sont envahis,
Que nous chérissons plus, en ces heures amères,
Le doux langage appris des lèvres de nos mères,
Et que nous en trouvons les chefs-d'œuvre plus beaux,
Quand un crêpe funèbre entoure nos drapeaux.
Oui, divin langage de France, Aux jours de deuil et de souffrance, Nous devons te comprendre mieux, Et nous t'aimons bien davantage, Cher et précieux héritage Que nous ont laissé nos aïeux.
0 France, l'époque est passée Où par ton glaive et ta pensée L'univers était présidé; Et tu ne peux plus, ô merveille!
iG PROLOGUE D'OrYEUTUlE.
Voir, pour les vers du grand Corneille, Couler les pleurs du grand Condé.
Mais des chefs-d'œuvre qu'elle enfante Dans les jours de paix triomphante, Nous voulons choisir les plus beaux De cette langue inspiratrice Dont nous berça notre nourrice Et qu'on grave sur nos tombeaux.
Car ces magnifiques ouvrages, Où l'admiration des âges Revient toujours sans s'assouvir, Ces fiers témoins de notre histoire, Ne sont pas comme un territoire :
On ne peut pas nous les ravir!
0 seule langue universelle, Toi que bégayait la Pucelle Sous les fers des Anglais bourreaux, Parle à nos âmes toujours prêtes Et, par la voix de tes poètes, Rends-nous le cœur de tes héros!
Cher langage avec qui l'on aime, Apaise en ce péril suprême