‹ ThéâtreChapitre 70 sur 191 · SCÈNE IV. in · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. in

Que le bonheur viendrait habiter la ruine, Et que ce toit croulant verrait fleurir un jour Un lys qui l'emplirait de son parfum d'amour!... Hélas ! il faut pourtant que mon cœur se soumette! . . Le lys n'a point fleuri, mais l'humble violette; Et lui, toujours rempli de son ancien regret, Ne l'a pas devinée à son parfum discret!... Mais l'espérance en moi n'est pas bien étouffée : Tantôt il me traitait comme sa bonne fée, Il bénissait le ciel qui m'a conduite ici. . Ai-je tort d'espérer et de l'aimer ainsi? Ma race, sans valoir la sienne, est sans reproche; De plus, la pauvreté commune nous rapproche, Et toujours mon espoir, qui ne peut s'envoler, Rêve de le guérir et de le consoler... Oui, cet amour a pris mon à me tout entière. Tout l'évoque...

Elle tire de sa poche un missel.

Jusqu'à ce livre de prière...

Mais oui! ce livre est plein de mon amour... Le soir Quand Jean m'a dit un mot qui plaît à mon espoir. Je mets une fleur là, qui sèche entre les pages... Cher livre, qui connais mes vœux et les partages, Feuillets, de mes pensers confidents et témoins,

Dites-moi qu'il oublie Irène et l'aime moins, Bien qu'encor tout à l'heure il ait reparlé d'elle; Dites-moi, dites-moi qu'à mon rêve fidèle, J'ai droit de mettre encore une fleur aujourd'hui Dans ce livre avec qui j'ai tant prié pour lui !

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