‹ ThéâtreChapitre 94 sur 191 · PROLOGUE, SCÈNE II · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE II

MADAME SCARRON

Il est même blessé.

M. DE LUDE

Bravo ! C'est comme au temps du feu Roi Louis treize î

MADAME SCARRON

Et Scarron, sur-le-champ, s'est fait porter en chaise Pour aller embrasser ce meilleur des amis.

COLLETET

Un duel pour un roman !... Mais ce n'est pas permis. Et moi, lorsque j'entends déchirer un confrère, Je ne me fâche pas, je l'avoue.

M. DE LAVARDIN

Au contraire.

On s'assied.

M. DE LUDE, à M-9 Scarron.

Quand sera de retour votre joyeux époux?

MADAME SCARRON

Bientôt.

M. DE LAVARDIN

Nous projetions de dîner avec vous.

MADAME SCARRON

C'est trop d'honneur.

M. DE LAVARDIN

Selon l'usage, ma voisine, Nous avons déposé nos plats à la cuisine. Moi, j'apporte une carpe, et de Lude un pâté.

COLLETET, à M. de Lude.

Sauf un grand appétit, je n'ai rien apporté. Mais je ne vois pas là de rôti, mon cher comte?

M. DE LUDE, à Mmo Scarron, gracieusement.

Vous le remplacerez, Madame, par un conte.

MADAME SCARRON, avec une nuance de tristesse.

Votre indulgence est douce à notre pauvreté, Et vous êtes trop bons, Messieurs, en vérité.

COLLETET

Mais vous allez bientôt, Madame, être plus riche.

MADAME SCARRON

Comment cela?

M. DE LÙDE.

C'est vrai. La reine Anne d'Autriche — Elle l'a dit, du moins, hier à Monsieur Fouquet, — Veut oublier le temps où Scarron attaquait Mazarin, et lui rend, en dame débonnaire, Son titre et son brevet de malade ordinaire, Avec ses quinze cents livres de pension.

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