‹ ThéâtreChapitre 95 sur 191 · PROLOGUE, SCÈNE II · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE II

M. DE LÀ YARD IN

Malepeste ! II remplit trop bien la fonction.

MADAME SCARRON

Dieu conserve longtemps celle qui nous protège !

M. DE LAVARDIN

Mais nous voulions aller voir passer le cortège Des deux jeunes époux qui sur nous vont régner. Nous ferez-vous l'honneur de nous accompagner?

M. DE LUDE

J'ai mon carrosse en bas pour cette promenade.

MADAME SCARRON

Vous l'oubliez, je suis une garde-malade, Et je reste au logis presque comme au tombeau. — Pourtant ce jeune roi, que chacun dit si beau, J'aurais voulu le voir, une fois, dans ma vie... N'importe ! Il ne faut pas céder à cette envie : Scarron va revenir, et je dois être ici.

COLLETE T, se levant.

Donc, vous ne venez pas avec nous ?

MADAME SCARRON

Non, merci !

Tous se lèvent, et, tandis que Lavardin et Colletct se disposent à partir, M. de Ludc s'approche de Mme Scarron et lui parle à demi-voix.

M. DE LUDE

Dois-je aussi vous quitter?

MADAME SCARRON

Mais, sans doute.

M. DE LUDE

Ah ! Madame, Aurez-vous donc toujours tant de rigueur dans l'âme, Et ne permettrez-vous jamais qu'à votre aspect L'amour fasse oublier un moment le respect?

MADAME SCARRON, bas et sérieusement.

Pas un mot de plus, comte ! il serait une offense Pour la femme d'un pauvre infirme, sans défense.

M. DE LUDE

Si vous saviez...

MADAME SCARRON

Monsieur, je ne veux rien savoir.

M. DE LUDE

Adieu, cruelle !

Les trois hommes saluent pour prendre congé. MADAME SCARRON.

Adieu, Messieurs, jusqu'au revoir.

MM. de Lude, de Lavardin et Colletet sortent.

Page 1