PROLOGUE, SCÈNE II
M. DE LÀ YARD IN
Malepeste ! II remplit trop bien la fonction.
MADAME SCARRON
Dieu conserve longtemps celle qui nous protège !
M. DE LAVARDIN
Mais nous voulions aller voir passer le cortège Des deux jeunes époux qui sur nous vont régner. Nous ferez-vous l'honneur de nous accompagner?
M. DE LUDE
J'ai mon carrosse en bas pour cette promenade.
MADAME SCARRON
Vous l'oubliez, je suis une garde-malade, Et je reste au logis presque comme au tombeau. — Pourtant ce jeune roi, que chacun dit si beau, J'aurais voulu le voir, une fois, dans ma vie... N'importe ! Il ne faut pas céder à cette envie : Scarron va revenir, et je dois être ici.
COLLETE T, se levant.
Donc, vous ne venez pas avec nous ?
MADAME SCARRON
Non, merci !
Tous se lèvent, et, tandis que Lavardin et Colletct se disposent à partir, M. de Ludc s'approche de Mme Scarron et lui parle à demi-voix.
M. DE LUDE
Dois-je aussi vous quitter?
MADAME SCARRON
Mais, sans doute.
M. DE LUDE
Ah ! Madame, Aurez-vous donc toujours tant de rigueur dans l'âme, Et ne permettrez-vous jamais qu'à votre aspect L'amour fasse oublier un moment le respect?
MADAME SCARRON, bas et sérieusement.
Pas un mot de plus, comte ! il serait une offense Pour la femme d'un pauvre infirme, sans défense.
M. DE LUDE
Si vous saviez...
MADAME SCARRON
Monsieur, je ne veux rien savoir.
M. DE LUDE
Adieu, cruelle !
Les trois hommes saluent pour prendre congé. MADAME SCARRON.
Adieu, Messieurs, jusqu'au revoir.
MM. de Lude, de Lavardin et Colletet sortent.