HENRI, HÉLÈNE
HÉLÈNE, se jetant dans les bras d'Henri. Ah! le méchant!... le méchant!... que j'ai à le gronder
HENRI, affectant une profonde surprise.
Méchant?... Gronder?...
HÉLÈNE
Trois mois sans nous voir! Quinze mortelles semaines!... J'arrive, j'attends toute la matinée et vous ne venez pas !...
HENRI
Je comptais aller chez vous, et puis j'ai eu l'imprudence de passer d'abord chez mon agent de change qui m'a fait perdre un temps!...
HÉLÈNE
Les affaires avant moi. bien entendu!... D'ailleurs je
n'ai pas été surprise. Vous n'êtes même plus capable d'écrire.
HENRI Bah!
HÉLÈNE
Vos lettres? Ah! parlons-en!... Depuis trois semaines je vous supplie de m'expliquer votre brouille avec Clairaut et ne puis obtenir deux lignes à ce sujet.
HENRI
Mes lettres?... d'excellents petits mots... Pas bourrés de considérations politiques comme les vôtres... De vraies lettres sentimentales... (Hélène éclate d'un rire amer.) Que leur reprochez-vous? C'est moi, au contraire, qui ai bien envie de récriminer sur les vôtres. D'un bout à l'autre remplies de chicanes, prenant texte de tout pour me servir une avalanche de doléances.